Souvenirs d'un biker

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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Mar 2 Déc 2008 - 14:08

tous les jours ,je m'éclate à lire ces tranches de vie Haarg1 mais là on est déjà à la moitié, hein did?!. pleure
je pense que ça doit aussi vous le faire, mais que je lis ça, j'ai l'impression d'y être.
si tu as 150 pages qui suivent, ça mérite vraiment d'être édité. rir2
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par Isabeau le Mar 2 Déc 2008 - 15:50

KaiserS a écrit:
Isabeau_&_Pascal a écrit:Copyright !!! ça devient urgentissime (si ça n'est pas déjà fait... ça serait dommage de se faire "piquer" une si belle prose)

rir2

Merci, Isa, de prendre soin de ces quelques lignes mais elles ont été écrites il y a déjà pas mal de temps et personne n'en a rien fait.
De plus, j'ignore, de toutes façons, comment les protéger efficacement.

Ce début des 90's était une période faste pendant laquelle on n'hésitait pas à se lancer dans une aventure économique, même très risquée.
J'avais une énorme envie de réussite et, contrairement à maintenant, le contexte s'y prêtait.
J'avais bossé comme un malade (au moins 60/70 h par semaine) pendant quelques années, dans différents domaines et clairement, ce bouleau dans les Harley est celui qui m'a le plus excité.
Au début, je ne comprenais pas l'intérêt de ces gros veaux lourds, qui se trainaient, fumaient, ne freinaient pas, ne tenaient pas la route et coûtaient une fortune.
Je roulais jusqu'alors avec des machines, souvent Italiennes, puissantes et légères qui mettaient bien moins de temps pour rallier une destination.
Et puis, petit à petit, j'ai compris le charme irrésistible de conduire tranquillement une bécane prestigieuse et confortable.
Maintenant, j'adore "les trépidations de ma machi-ine".
@Isa : Te font-elles monter des dési-ir dans le creux de te rheinnnns ? rir5

oui et j'ai jamais caché l'effet que ça me fait Haarg1 Wink

par contre, pour le reste, c'est dommage... Mais celui qui ferait ça serait vraiment sans scrupule (j'en connais c'est pour ça!)

bisou
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Jeu 4 Déc 2008 - 8:18

ce matin, j'ai ressorti mon wild 76, il n'était pas dur à trouver dans le porte revues des WC. je me suis installé tranquillou sur le trône pour me relire les quatre petites pages. rir2 ben, ça vaut pas ce que did nous met tous les jours sur le forum. d'ailleur, la partie 9 c'est aujourd'hui?. What a Face
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Jeu 4 Déc 2008 - 12:00

Oupss !...

Partie 9

"Je mettais quelques motos en dépot-vente chez un gris de Carpentras dont le patron s'appellait Jo. C'était un gros barbu, pas très pro mais sympa. Il avait servi de chauffeur et garde du corps à Johny Halliday et avait gardé de bons contacts avec lui. Aussi, lorsque qu'il ferma son bouclard, il retourna auprès du "grand homme".
Celui-ci eut une idée soudaine : Il fallait créer un HD Club qui graviterait autours de lui. Il reprend le nom de sa boite de production : Desperado. Jo m'en parle et me propose de créer le chapitre (section locale) lyonnais. Moi, les histoires de clubs, je m'en passe très bien et même je les fuis. Donc je refuse poliment. Il faut dire que la situation n'était pas facile :
Je ne sais pas ce qu'il en est maintenant, mais en 1990, la France était, grosso-modo divisée en deux : Les Anges règnaient sur la partie nord et les Bandits sur le sud. Entre les deux, la rivalité faisait couler bien du sang et les enjeux n'étaient pas symboliques mais très très matériels. Les motos clubs HD devaient prendre position et donc, en choisissant l'un, ils devenaient les ennemis des autres et vice et versa.
Les HD clubs (par opposition aux motos clubs HD, nuance ...) pouvaient rester neutres, en théorie, mais chaque clan guettait le faux pas.
Jo n'eut bien sûr aucun mal à recruter parmis les fan. Ceux qui roulaient HD se précipitèrent, ceux qui roulaient japy cherchèrent frénétiquement une HD et ceux qui n'avaient pas le permis moto s'inscrivirent précipitament. Donc, le club Desperados était bien plus un moyen de se rapprocher de l'idole des jeunes qu'un vrai club Harley.
Aussi, lorsque, un soir, Jo m'invita à le rejoindre dans un restau branché de Lyon où il dînait avec son patron et quelques amis, j'acceptais à condition qu'il ne me gonfle pas avec son club. Nous bumes pas mal, la soirée fut très animée et contina par une folle partie de paint ball qui ne se termina qu'au petit matin. Là, bien bien chaud, je signais pour intégrer le club.
Dès mon réveil, je le regrettais mais décidais d'attendre pour juger.
Nous étions invités aux concerts de Johny et pour les deux auxquels j'ai assisté, nous étions acueuillis royalement. De plus, notre président représentait une locomotive qui ouvrait beaucoup de portes.
Mais les membres lyonnais, en particulier, étaient exclusivement des fans qui ne connaissaient rien aux HD, alors que moi, je ne connaissais rien au répertoire de JH. Nous n'avions donc rien en commun. Avant de quitter le club, j'en parlais à Jo qui approuva mon point de vue. Il me reproposa donc de prendre la direction du chapitre pour faire le ménage. J'acceptais à la condition expresse de choisir les membres moi même, sans restriction.
Je virais la totalité des incrits et décidais mes bons potes bikers à intégrer cette structure assainie et déjà connue et qui permettait d'organiser des évenements genre swap meet ou rassemblement HD. Et puis, il faut bien avouer qu'il était excitant de rouler en bande de parfois 50 Harley lorsque les chapitres voisins nous rejoignaient, portant tous les mêmes couleurs et se connaissant de mieux en mieux.
Le problème quand on est nombreux, c'est les ravitaillements en essence. Un jour, après avoir fait le plein dans une station service d'un petit bled, je redémarre avant les autres pour laisser la place et attendre plus loin. Un virage serré à droite masque la place du village où attendent deux gendarmes qui m'arrêtent :
- Vous n'avez pas allumé votre code.
- Ha oui, excusez, je viens de faire le plein à la station à 50 m, j'ai oublié.
- Papier SVP.
Il examine mon permis et prend des notes. Je lui demande ce qu'il fait.
- Ben, je verbalise bien sûr !
J'essaye d'argumenter mais ce con ne veut rien entendre et il continue de remplir son PV. Là, un énorme bruit s'emplifie et les 50 HD arrivent sur la petite place qui s'avère vite très insuffisante. Mes potes se posent partout et les flics serrent les fesses. Patrick, un ex boxeur poids lourd fait parraître son Softail Héritage tout petit. Il vient se garer entre moi et le gendarme, presque sur ses pieds. Il me demande :
- Tu as un problème ?
- Il veut me verbaliser parceque je n'ai pas allumé mon phare.
Patrick, énervé, regarde le flic :
- Il a un problème mon pote ?
- Heu ... non, non... là ... ça va aller ...
Et il me rend mes papiers. Patrick insiste en montrant le PV.
- Et çà ? Vous penSIEZ en faire quoi.
- Ho ... rien, rien...
Et il déchire le documents en confettis.
Patrick se tourne vers moi :
- Bon, maintenant qu'on en a fini de ces interminables formalités, on a de la route à faire, non ?
Tout le monde éclate de rire, sauf deux (??) et on se casse.
Rouler nombreux a des avantages.
Suite et fin de mon incurtion dans un club la prochaine fois.


Les Wanted Bikers sont devenus Bad Winers et s'ils ont arrèté leur salon, ce n'est pas sous la pression des Anges avec lesquels ils entretiennent, à ce que je sache, d'excellentes relations, mais plus parce que les motos de show se faisaient plus rares et que eux aiment surprendre. Ils y sont parvenus, au prix de gros efforts pendant près de 15 ans. C'est un club de mecs respectables et droits, ce qui est rare.
Tu confonds peut-être avec un autre club situé dans la drôme qui, lui, a énervé les Anges. Domage pour eux. "

A suivre ...


Dernière édition par DidBoum le Jeu 4 Déc 2008 - 14:44, édité 1 fois


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par KaiserS le Jeu 4 Déc 2008 - 13:16

spirit64 a écrit:ce matin, j'ai ressorti mon wild 76, il n'était pas dur à trouver dans le porte revues des WC. je me suis installé tranquillou sur le trône pour me relire les quatre petites pages. rir2 ben, ça vaut pas ce que did nous met tous les jours sur le forum.

Pour une fois , j'espère que ma littérature t'as fait ch..r mortde mortde
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Jeu 4 Déc 2008 - 13:34

t'inquietes, je ne l'ai pas déchiré pour me torch...
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Ven 5 Déc 2008 - 14:09

toc toc, did, tu Sleep ... la partie 10?!
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Ven 5 Déc 2008 - 17:43

Partie 10

"Les Bandidos avaient loué le circuit du Castelet pour organiser un énorme rassemblement HD. Ils nous avaient réservé un grand emplacement cloturé de grillages pour que Johny ne soit pas importuné par tout le monde.
Pratiquement tous les Desperados étaient venus, soit plus de 300 HD. Alors, quand nous avons tous pris la route pour aller chercher notre Jojo national à l'éroport, le spectacle était hallucinant : par ligne de 3 ou 4, nous formions une procession qui durait plusieurs minutes. La sensation de puissance, voir d'invulnérabilité, avait poussé la plupart d'entre nous à ne pas prendre les casques. De la même façon, le petit tronçon d'autoroute emprunté comportait un péage. Mais si chacun avait du chercher sa monaie pour payer, on y aurait passé la journée. Alors nous restions serrés pour que la cellule ne referme pas la barrière et passions donc sans payer.
Deux gendarmes en BMW étaient postés au péage et avaient bien tenté de nous arrèter mais les pauvres !!!
Ils nous avaient suivi un moment mais, lassés que tout le monde se foute d'eux, ils avaient abandonné la partie. Encore l'effet de groupe.
Nous récupèrons Johny à qui nous avions amené sa moto. Le retour, ce fut n'importe quoi ! Beaucoup trop de fans voulaient rouler aux cotés de leur idole et celà devenait franchement dangereux. Il n'y eu pas d'accident mais limite... Même Johny prit peur et ouvrit en grand pour arriver indemne. Mon petit groupe, lui, restait à l'écart de cette cohue.
Le soir, des membres locaux avaient organisé un méchoui. Ils annoncèrent que chacun devrait participer financièrement. Johny, royal et déjà un peu bourré se leva et déclara :
- Il n'en est pas question : Vous êtes tous mes potes, je vous invite !!
Applaudissements.
Le lendemain, comme lui dormait à l'hotel, nous étions invités à aller de nouveau le chercher en fin de matinée. Johny aime avoir sa cour. Il se réveille à peine et n'a encore rien mangé. Il nous invite donc. Tous. Le palace s'organise donc tant bien que mal pour nourrir 300 motards crades et affamés, mais ce que johny veut ...
Donc au moment où il s'aprète à reprendre son avion, il nous salue et chacun lui fait signe. J'estime qu'il nous a bien soignés et lui crie :
- Et merci pour tout.
Il me reconnait (je pense) et s'approche :
- Merci pour quoi ?
- Ben ... le méchoui, le déjeuner ...
- Ha, oui ... Mais si peu de gens ont de la reconnaissance. Et puis, j'ai adoré rouler en bande avec vous tous.
Nous discutons deux minutes et il nous quitte.
Une heure plus tard, trois dirigeants du club viennent m'agresser :
- Tu sais, les Desperados ne sont pas un fan club mais un club HD. Tu n'as pas à chercher n'importe quel prétexte pour approcher Johny !!!
J'hallucine J'explique ce qui s'est passé, mais les mecs insistent lourdement. Le ton monte. J'ai mauvais caractère, suis très suceptible et je les envoie chier, eux et leur club de merde avec qui je n'ai, de toutes façons rien en commun. Je balance ma démission et mon gilet et je me casse. Fin de l'histoire. Ou presque.
En effet, j'ai appris bien plus tard le fin mot de l'histoire. Johny voulait qu'un membre se charge du relationel du club, sous sa direction. C'était donc un poste qui imposait de le rencontrer régulièrement et chacun des dirigeants en rêvait. Alors, quand Jojo a suggéré que je ferais bien l'affaire après notre discution, je devenais la bête à chasser. Et comme je suis un gros bourin... Je n'aurais pas pu faire de politique.

Tiens à propos des Wanted Bikers, voici notre première rencontre :
J'avais passé des annonces pour vendre, en autres, un Sturgis shovel.
Un mec de Haute Savoie appelle pour cette bécane, prend rendez-vous et arrive. Il est grand, bien bien baraqué, cheveux long, très tatoué et répond au doux surnom de "Conan". Il est venu avec un de ses potes du même genre.
Parmis mes motos à vendre, le sturgis est nickel mais une autre sort du lot : un des premiers Softail 4 vitesses et kick, très chromé et dans un état remarquable. Il est plus cher que le shovel, mais Conan n'a d'yeux que pour lui quand je lui vante les mérites du Sturgis. Je comprends vite que c'est celui là qu'il veut. Il m'annonce :
- J'achète le Softail et je pars avec.
- Ben ... Désolé, mais je ne te connais pas : pour partir avec, il me faut un chèque de banque ou des espèces. Impérativement.
- Pas de problème. Je m'en doutais bien et c'était prévu en conséquence.
Et il me sort d'épaisses liasses de billets de son gilet. Nous recontons ensemble et concluons l'affaire. Il part avec la moto. Rarement j'avais traité une vente aussi vite.
Deux jours après, genre 21 h, coup de téléphone :
- Bonjour, c'est Conan, je suis dans un bar à coté de la gare de Perrache. Peux-tu me rejoindre ?
- Y'a un problème avec la moto ?
- Non mais il faut que je te voies.
Convocation plutôt sèche qui ne me plaît guère mais Conan est comme çà et il a été parfaitement réglo. Perrache est à cette époque un quartier mal famé de Lyon. M'y rendre à cette heure ne m'enchante pas mais ne pas y aller ne me semble pas forcément une meilleure idée !
Sur place, le bar glauque est assez fréquenté par les poivrots et les marginaux. Conan m'attend :
- Ma moto a bien plu à un de mes potes et il voudrait que tu lui en ramènes une équivalente, mais en boite 5.
- Oui, d'accord mais ce sera un peu plus cher. Je repars dans 3 jours chercher des motos. Tu m'as demandé de venir pour me donner un acompte ?
- Pas un acompte : Je te la paye d'avance.
Et sur la table du bar, il commence à jetter les liasses de billets. Je l'arrête. Ouf ! Personne n'a vu. Nous recontons dicrètement sous la table.
Je lui propose un reçu ou un genre de contrat, mais non : il a confiance !!!
La veille de partir, il me commandera une troisième moto pour son frère, Lucky, selon une méthode équivalente.
Je leur trouve des Softails custom boite 5 rutilants et fournirai des motos à la plupart des membres du club établissant ainsi une relation de confiance mutuelle et même de sincère et franche cordialité avec eux. "

A suivre.....


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Ven 5 Déc 2008 - 17:56

trop bien! désolé de faire mon fan mais encore respect
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Dim 7 Déc 2008 - 11:43

la partie 11 c'est pour demain? ce post est fermé le WE?! scratch
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Mer 10 Déc 2008 - 13:52

Partie 11

"Durant leur salon de La Roche sur Foron, j'exposais aussi mes motos à vendre que nos transportions sur deux grandes remorques portes voitures. je conduisais l'une, Jean marc, mon mécano conduisait l'autre. Un jour il fit une manoeuvre si brutale que la remorque prit beaucoup de balant et l'une des HD cassa ses sangles et se vautra sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute.
Ricain, l'un des membres du club m'acheta quand même la moto, déductions faites des dégats apparents. Peut-être un an plus tard, il s'apperçut que la collone de direction avait été tordue dans le choc. Je lui demandais de la faire redresser et de m'envoyer la facture. Tout ça se passa au téléphone, sans un mot plus haut que l'autre. La confiance je vous dit. Avec d'autres, celà aurait pu se passer beaucoup moins bien. Salut à eux s'ils me lisent

Merci pour vos appréciations. Bon, allez, je me lance :
Le bouquin, IL EXISTE. Je l'ai écrit il y a bien 10 ans.
J'y reprends une petite partie de ces histoires, très très romancées et mises en forme pour créer une vraie histoire, avec une chronologie, des sentiments, de l'amitié et du cul bien sûr.
Un gamin découvre doucement le monde de la moto, s'y implique de plus en plus jusqu'à intégrer une équipe de course. Puis, suite à des aléas, il s'oriente vers le milieu Harley, y découvre le sens de sa vie et lache ses racines, ses principes et son pays pour se consacrer à sa passion : Rouler.
J'avais envoyé le texte (200 pages) à deux éditeurs qui n'en ont pas voulu.
J'avais donc enterré le projet jusqu'à ce que l'enthousiasme de quelques uns d'entre vous m'y fasse repenser.
4500 visites à ce jour, ça me laisse l'espoir que ces histoires ne soient pas si dénuées d'intéret.
Alors si l'un d'entre vous connaît un éditeur, de près ou de loin ... touchez lui en deux mots. Sinon, tout celà restera au fond du placard. Et pis voilà ...

Un d'entre nous s'appelle Jacques et est banquier. Ca me rappelle une p'tite aventure:
J'avais monté une première entreprise avec mon meilleur ami et après des débuts difficiles nous avions plusieurs employés et de belles perspectives. Mais diriger une affaire à deux avec des pouvoirs absolument égaux s'avèra compliqué car en cas de désacord, aucun ne pouvait imposer de solution. Nous décidâmes donc de nous séparer, à l'amiable. Depuis, nous sommes restés amis.
L'entreprise étant jeune et n'ayant, à mon avis, pas les moyens de payer ses parts à celui qui partait, je proposais de la jouer à pile ou face : Celui qui perdait s'en allait. Mon associé rechigna et proposa plutôt de la jouer aux enchères : Nous écrivions sur un bout de papier ce que nous étions prêts à payer pour acheter les parts de l'autre. Celui qui faisait la plus grosse offre faisait un chèque et emportait le morceau. OK pour moi. Son offre était exactement au triple de la mienne. L'après-midi même nous étions chez le conseiller juridique et je me retrouvais à la tête d'un petit pécul et libre ... de chercher une nouvelle activité.
Finalement, la seule chose qui m'interresse, c'est les beaux moteurs : Les autos et les motos. J'ai entendu dire que l'import de véhicules depuis les USA était juteux. Avant de recréer une structure juridique, je veux être sûr de la rentabilité. Je fais un premier voyage et achète, avec les sous de la vente de la société, trois véhicules que je ramène en France. Les marges sont bien correctes mais le voyage revient cher et il faudrait l'amortir en ramenant plus de véhicules. Donc, il me faut plus de trésorerie. Avec mon comptable, nous établissons un bilan prévisionel, un compte d'exploitation prévisionel et je prends rendez-vous avec le banquier.
J'ai mis mon beau costume 3 pièces, ma cravate, ciré mes chaussures et quand le banquier me tend la main avant d'entrer dans son bureau, je le tire vers la sortie.
- Avant, je voudrais vous montrer de quoi nous allons parler.
Juste devant la banque, à cheval sur le trottoire, un superbe cabriolet Jaguar XK 150 nous attend. C'est le modèle qui a précédé la type E. Ca ressemble à une très grande Morgan. Cette décapotable est blanche avec l'intérieur en cuir rouge. Sublime.
Pour lui prouver que ça roule bien, je lui tends les clés et nous démarrons sous le regard gourmand d'un groupe de jolie filles qui passaient. Il est aux anges. De retour dans son bureau, il n'arrive pas à se concentrer sur les documents et m'écoute à peine. Est- bon ou pas ? suspence.
Lorsqu'il atterrit il me lance :
- Bon, en résumé, il vous faudrait combien ?
- 600 000 F pour commencer.
Je ne vaux rien : je n'ai aucun répondant, ne suis propriétaire de rien et ne peux donc offrir aucune garantie. Je m'attend à ce qu'il pousse des cris, me jette ou au moins à ce qu'il négocie à la moitié. Mais non.
- D'accord, vous les voulez en crédit ou en facilité de caisse ?
Je suis sidéré mais le cache de mon mieux. Grace à lui, mon affaire démarrera sur les chapeaux de roues. Parfois, il ne faut pas grand chose pour aider le destin.

Ben non, ils en veulent pas non plus... "

A suivre !....


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Sam 13 Déc 2008 - 11:58

Partie 12

" Ce devait être en 1989. Mon pote Patrick, en plein divorce, déprimait grave et je lui propose que nous allions ensemble à la Bike week de Daytona. Ca le branche et il me rejoint donc à New York d'où je viens d'expédier un container plein de motos vers la France.
J'en ai gardé deux qui partiront dans la prochaine expédition.
Nous avons sanglé nos bagages et prenons la route du sud. Première journée sans soucis, motel et repartons le lendemain. Nous roulons encore quelques heures. Je trouve que le réservoir gauche de ma moto vibre trop et bientôt, une odeur d'essence m'alerte. En effet, une pate du réservoir a cédé et, en s'arrachant, a créé une petite fuite. L'essence commence à couler sur mon futal et la moto pourrait flamber.
Nous sommes en Caroline du sud, loin de toute ville mais nous prenons la première sortie, marquée Benson.
Benson ressemble à ces villes que l'on voit dans les westerns : Une rue, quelques boutiques au bord, des habitations au dessus et rien d'autre. Aucune transversale, le village est tout en longueur. Mais il y a tout ce dont nous avons besoin : un minuscule hotel propret, un restau tout simple et un garagiste-carrossier. Celui-ci tord le nez : il ne touche généralement pas aux motos et de plus, souder un réservoir l'inquiète.
Je lui propose de démonter moi-même le réservoir et lui confirme que s'il branche son compresseur d'air dans le réservoir quand il soude, l'air chasse les vapeurs et empèche une explosion.
Bon, il accepte, je m'occupe du démontage et comme il est tard, il préfère finir l'auto sur laquelle il travaillait et ne soudera que demain.
Nous visitons Benson qui comporte quelques petites boutiques et deux grandes surfaces : L'une vend des armes, l'autre des bottes.
Chacune fait bien 1500 m2. Le marchand d'armes nous regarde avec méfiance. Les têtes nouvelles sont rares à Benson et il nous demande :
- Vous êtes d'où ?
- Nous sommes Français.
- ... Mais qu'est-ce que des Français font à Benson ?
Je lui explique et il nous fait fièrement visiter sa boutique. Je m'étonne qu'un si petit village ai une si grande armurerie. Il nous apprend que les gens parcourent de grandes distances pour venir acheter chez lui.
Puis visite, absolument identique, du vendeur de bottes. Des milliers de paires de bottes réalisées parfois dans des matériaux tels que la peau de serpent, de crocodile, d'autruche ... Et toujours la même question : Q'est-ce que des Français font à Benson ?
Le lendemain matin, nous prenons notre breakfast au petit restau. La vieille serveuse est sympa, mais je ne comprends pas un mot de ce qu'elle raconte : J'ai déjà du mal avec l'accent trainant du sud (comme ici). Mais en plus, elle n'a plus qu'une seule dent qui branle et son ellocution est incompréhensible. Dans ce cas, le mot magique est "spécial", donnez nous votre "spécial". Je n'ai jamais été déçu.
Elle nous amène les traditionnels oeufs evec le gratin de pommes de terre. Parfait. Mais, surprise, le "spécial" inclut ensuite une pleine assiette de pancakes ... chacun. Bonnn. Là, on avait plus très fain, mais si il faut !!! Je vois Patrick ouvrir des yeux tout ronds car la vieille arrive avec des steaks frites comme dessert. Heu ... C'est fini là ? Hein ? Sûre ? Le tout pour 5.99 $... chacun.
Nous allons remonter le réservoir que le carrossier a protégé d'un peu de peinture. 10$ ! merci monsieur. Il nous indique quelques curiosités touristiques locales à visiter et nous passerons donc une autre journée ici. Ca yest, tout le monde nous connaît et nous salue joyeusement. Le lendemain, nous descendons en Virginie où nous logeons dans une villa victorienne genre "autant en emporte le vent". Acceuil simple et chaleureux, contacts faciles, vie paisible et reposante, no stress. C'est drôle, je n'ai plus très envie de la bike week, du bruit, de la folie bikeuse. On est biens là. J'en touche un mot à Patrick. Il pousse un énorme soupir de soulagement :
- J'étais persuadé que c'était important pour toi d'aller à Daytona, mais moi, je préfère mille fois rester par ici.
Et voilà comment nous ne sommes jamais arrivés jusqu'à la bike week cette année là. Et nous ne l'avons jamais regretté.

La piste BD, j'ai du mal à l'imaginer.
Ils ont besoin de scénarios courts, vifs et drôles.
Mettre en images 200 pages de texte me parraît difficilement réalisable.
Mais je n'y connais rien. Eux sauraient.
J'avais bu quelques canons avec Coyote, le dessinateur de Mamouth et piston ainsi que de Little Kevin lors, je crois, du premier Free weel à coté de Nice. Mais c'était en 89, presque 20 ans ...

J'oubliais un détail qui m'avait marqué lors du retour de Virginie vers New York. Nous longions la cote quand un panneau nous annonce que nous allons prendre un pont de 20 miles (38 km !!!) et qu'il vaudrait mieux avoir de l'essence. Nous en avons, mais pensons avoir mal compris. 38 km !!! Hé bien si, le pont traversait une baie. Il était constitué d'arches assez courtes portées par des piliers posés au fond. Au milieu, il plongeait en un tunnel au fond de l'eau pour laisser le passage aux bateaux. L'impression est difficile à décrire mais c'était étrange. Sur plusieurs km, le pont disparaissait pour réapparaitre au loin. Très destabilisant. Et dire que cet immence et incroyable ouvrage n'est même pas célèbre! C'est aussi ça l'Amérique.

Merci à Bidboum, JC, Claudia, Looping, PP, Fast Freddy, JP, Speedways, Robert et tous les autres de suivre et de réagir à ce anecdotes. L'intérêt que vous leur portez me fait un bien fou en ce moment. Désolé, ça peut sembler con d'écrire ça dans un forum biker, mais c'est d'autant plus sincère que je suis, de loin, certains posts vides et agressifs qui dégénèrent, on ne sait même pas pourquoi en insultes.
"Les mots sont source de malentendus" disait le Renard au Petit Prince. C'est encore plus vrai quand ils sont écrits et ils necessitent encore plus de soins dans leurs choix pour être bien compris. Les votres me renvoient une chaleur qui jutifie mille fois le temps passé à la narration de ces petits pans de vie. Merci encore et tant pis pour ceux qui ne comprendront pas que l'on puisse aimer les HD sans forcément jouer les méchants.
A ce propos, il y aurait énormément à dire sur le sujet, à peine effleuré, des grands Motos Clubs HD et c'est même un centre d'intéret majeur du milieu Harley. J'ai entendu, comme vous un tas d'histoires. Certaines sont incontestables, d'autres sont des légendes, mais le sujet reste tabou, parcequ'il concerne des gens qui continuent à circuler parmis nous et qu'ils vivent la vie qu'ils ont choisie après tout, même si elle n'est pas forcément en conformité avec les règles de notre société.
Mais je suis respectueux devant le fait de porter fièrement sur son gilet, sur sa moto et parfois aussi sur sa peau les signes de leur appartenance à ces clubs à la réputation parfois sulfureuse quand d'autres doivent vivre dans la clandestinité. Mais là encore, il y a matière à débat ... oral. "

A suivre...


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Sam 13 Déc 2008 - 12:06

Je me regale toujours autant !... ;-))


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par Tanxane le Sam 13 Déc 2008 - 12:21

T'as pas changé une seule lettre !!!! rir5


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par spirit64 le Sam 13 Déc 2008 - 13:57

Tanxane a écrit:T'as pas changé une seule lettre !!!! rir5
mortde mortde mortde

cette partie 12 fait rêver!. c'était quoi les 2 HD que tu avais retenu du container pour cette balade?.
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par biker39 le Sam 13 Déc 2008 - 18:20

un pied géant à lire ces tranches de vie, un grand merci Kaiser pour nous faire partager tout ça, on a tous (ou presque) vécu des trucs dingues, c'est pas toujours facile à raconter, mais toi, t'es un grand
respect
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par pat 40 le Sam 13 Déc 2008 - 18:29

Super Kaiser ne change rien, merci de continuer à nous faire rêver avec tes tranches de vie, ça nous fait du bien, et si en plus ça t'en fait à toi c'est parfait.

@+
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Sam 13 Déc 2008 - 18:54

Tanxane a écrit:T'as pas changé une seule lettre !!!! rir5

Pas une !.... rir7


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par KaiserS le Sam 13 Déc 2008 - 22:06

Merci les amis !
Tout ceci est arrivé il y a 20 ans et a été rédigé il y a deux ans déjà.
Il s'en est passé des choses depuis ! De nouvelles expériences ... différentes.
Relire ceci me rend un peu nostalgique de cette époque (raisonnablement) aventureuse et très enrichissante, humainement parlant.
Car au delà des histoires de motos, restent de belles rencontres, souvent rapides mais pas forcément superficielles, parfois ici, parfois de l'autre coté de l'Atlantique.
Derrière les blousons à franges, les tatouages, les gueules de brutes, les gueules de bois et les concours de tee shirts mouillés, des hommes et des femmes réels se cachent derrière ces images stéréotypées avec leurs joies, leurs vécu, leurs peurs, leurs espoirs.
En parler ne laisse jamais intact et chaque phrase entendue influence notre personnalité et notre sensibilité. Et c'est aussi ce qui nous construit, non ?
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par Tanxane le Sam 13 Déc 2008 - 22:50

Yep !


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par xabi le Dim 14 Déc 2008 - 1:36

Et publié ton bouquin à compte d'auteur, tu y as pensé? Moi c'est sur, j'en achéterais plusieurs. Certains auteurs ont commencé comme ça et devant le succés,des maisons d'édition les ont suivi.
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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Dim 14 Déc 2008 - 9:09

Partie 13

"Merci pour tout.
Fast Freddy, un voyage organisé est moins enrichissant au niveau rencontres, c'est certain, mais le barrage de la langue est insurmontable. La plupart des Ricains ne font AUCUN effort pour comprendre un étranger ni pour t'aider à les comprendre. Plusieurs fois, alors que je demandais poliment à quelqu'un de ralentir son rythme d'élocution ou d'utiliser des mots simples, mon interlocuteur a tout simplement tourné les talons et fin du dialogue! Surtout à New York.
Mais il y a aussi des mecs cool. Randolf en fait partie. Il louait une chambre à l'année dans l'hotel qui me servait de point de chute principal. Il était noir, avait 76 ans en 1990 et ses yeux bleus étaient si clairs qu'il parraissent presque blancs. Une sérénité parfaite et une douceur émanait de lui, je l'appréciais beaucoup, nous avions de longues conversations et nous mangions parfois ensemble. Il semblait très seul et j'aurais adoré l'avoir pour grand père.
Il ne faisait plus grand chose de sa vie et m'avais proposé son aide. Il m'avait donc emmené chercher une Corvette avec son break Ford Limited. Celui-ci avait un moteur de 502 CI soit 8200 cm3 ! Dans la calandre, deux phares additionnels à l'esthétique inhabituelle avaient attiré mon attention. Nous partîmes de nuit et sur la route, un camion avait oublié de passer de phare en code. Randolf lui fit un appel de phare, puis un autre mais sans effet. Au milieu du tableau de bord, un énorme interrupteur rouge genre coupe circuit d'usine m'avait aussi surpris. Randolf insulta le conducteur, cala son épaule sur le dossier et appuya sur le bouton quelques secondes. Tout d'un coup, la nuit se transforma en un paysage de neige en plein soleil. et Randolf éclata de rire. Le camion fit un écart mais réussit à contrôler son embardée. Quand Randolf arrêta de se marrer, il m'expliqua qu'il avait (difficilement) adapté des phares d'atterrissage de Boeing dans sa calandre mais qu'ils consomaient tellement qu'il avait du rajouter une batterie et que même comme ça, il ne fallait pas en abuser.
Si vous vous êtes déjà trouvés en bout de piste d'atterrissage d'un avion de ligne, vous avez peut-être remarqué comme, même à des kilomètres, les phares éblouissent, même de jour. Alors là, à quelques dizaines de mètres et en pleine nuit Je pense que le camioneur s'en souvient encore.


J'avais acheté, en 1987, à un papy un duo 1961. L'originalité, c'est que le papy l'avait achetée NEUVE en 1961 et l'avait donc gardé 36 ans !!! Mais là, il avait un pace maker et allait être opéré de la cataracte. Alors il la vendait. Il savait ce qu'il avait et connaissait la valeur même si elle était encore bien raisonable à cette époque et en tous cas très sensiblement inférieure à celle des Shovel.
La moto était 100 % d'origine et tournait correctement mais sont état inspirait la pitié : Pour l'empècher de rouiller, les pièces avaient été repeintes (au pinceau hein ! ) au fur et à mesure avec les fonds de pots de peinture disponibles sur le moment. Le cadre était blanc pisseux, les gardes boue orange vaguement métalisé, les pare jambes verdâtres ... Le moteur fumait copieusement et pissait l'huile. Mais bon, c'était un Panhead, complet et pas bidouillé.
Nous fîmes affaire et le bonhomme avait les yeux humides quand je suis parti avec. 36 ans de vie commune, pas tant de couples peuvent s'en vanter.
Le transporteur me prit pour un clodo pour vouloir faire voyager une telle épave, les douaniers, pour une fois, trouvèrent que je l'avais payée trop cher et la plupart des mecs que je connaissais dans le milieu HD se moquèrent. Seuls quelques connaisseurs s'extasièrent.
J'ai roulé avec cette moto, en l'état, pendant deux ans. Au feux rouge, systématiquement, le caisseux à coté descendait sa vitre et me demandait l'année de fabrication. Les motards s'intérressaient à cette mamie et jamais aucune autre de mes moto n'a eu un tel potentiel sympathie. Je suppose que Fred vit çà à chaque sortie.
Mais elle fumait de plus en plus : les potes de virée ralaient et elle commençait à avoir beaucoup de mal à démarrer. Nous décidâmes donc de la restaurer. Une fois le moteur déposé, autant s'occuper du reste : Décapage, ponçage, peinture, chromage. Les pneus, les chaines, les roulements, les cables, les freins tout fut remonté à neuf. Les pièces sont toutes dispo et pas chères surtout achetées là bas. Le moteur fut démonté, sablé, refait ainsi que la transmission. Une fois finie, elle était superbe, sobre dans sa livrée blanc "beurre frais" et après quelques ajustages roula fort bien.
L'arrivée de mon Electra 65 à ses cotés ne la perturba pas mais c'est vrai qu'elles se ressemblaient pas mal et je passais quelques annonces pour, éventuellement, la vendre, sans grand succès. Celà ne me fit aucune peine qu'elle reste là, au contraire. J'avais vu, sur une plaque émaillée, un duo bleu pastel et blanc et avais eu le coup de foudre. Repeinture.
Et puis, il y a 2 ou 3 ans, coup de fil de Bretagne. Un mec la voulait. Je n'étais plus très vendeur et le mec insistait, me faisait des propositions et nous nous accordâmes sur un prix. Mais sur le principe, je n'avais pas très envie. Et puis un matin, presque sans prévenir, le mec se pointe chez moi avec une remorque et les sous. Pas trop le choix.
Je sais qu'elle est entre de bonne mains et ai eu de ses nouvelles. Maintenant elle est noire et continue sa vie. Old Harley never die ... On vous l'dit...


J'ai acheté peu de motos aux USA chez les Harley-Davidson official Dealers car elles étaient souvent chères et que la garantie, je ne pouvais pas en faire grand chose.
A Edison, New Jersey, Bill est le patron de la concession. C'est le parfait business man, souriant quand il y a du blé à prendre, pressé sinon.
Je lui achète un joli FXR évo. Il y a un petit règlage à faire et nous la poussons dans l'atelier, propre, moderne et bien équipé.
En hauteur, je remarque une palette, couverte de cylindres fonte empilés sur 5 ou 6 épaisseurs. Donc peut-être 200 cylindres neufs !!!
Devant mes yeux étonnés, Bill se marre :
- J'étais sur que tu allais remarquer ça. Allez, suis-moi !
Et il me raconte l'histoire : Comme toutes les marques au monde, Harley a l'obligation de fournir des pièces détachées aux propriétaires de motos de moins de dix ans. Les derniers Shovel sont sortis en 1983 et donc, en 1993, l'usine n'était plus obligée de fournir de pièces pour ces motos et elle a proposé un lot indissociable de l'ensemble de son stock de pièces. Le lot était énorme et représentait une somme considérable, autours du million de $. Mais, aux States, les banquiers ne sont pas frileux et Bill est persuasif quand il sent la bonne affaire. C'est son offre qui est la plus élevée et il emporte le morceau. Quelques semaines plus tards, pas moins de sept gigantesques semi-remorques aux couleurs de la compagnie arrivent à Edison avec environ 200 tonnes de pièces. Tout ça tient une place considérable et Bill a fait ajouter un étage complet à la concession pour stocker les pièces de Shovel.
Et il vaut mieux que le plancher soit solide !!! C'est la réflexion que je me fais en regardant les interminables et hautes étagères couvertes de carters, de villebrequins, de culasses, de cadres, de roues, de gardes boue ... Tout ça, NEUF.
Il ya probablement de quoi construire plusieurs dizaines de motos neuves pratiquement sans que celà ne se voit. J'en fais part à Bill qui me confie qu'il y a pensé mais qu'il gagne bien plus d'argent en vendant les pièces détachées. Il affirme que, dans la première année, il a un peu bradé pour vendre vite, en quantité, mais qu'il a ainsi payé le stock !!! Tout ce qui reste, c'est le bénéfice. Et il en restait encore, croyez-moi, la dernière fois que j'y suis allé.
Ne l'appelez pas pour une broutille, mais si vous cherchez une grosse pièce difficile à trouver : Harley-Davidson of Edison, NJ. Ils sont dans l'annuaire. Ne le dites pas à tout le monde, hein ? Promis ?
Je vous dirais bien de demander Bill mais à mon avis, lui coule maintenant des jours heureux aux Bahamas ou à Hawaïe. "

Là on approche du final pleure


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par Tanxane le Dim 14 Déc 2008 - 21:43

C'est top un1


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par DidBoum le Dim 14 Déc 2008 - 22:49

Partie 14 et fin

"Pas de réactions ? Je comprends. La décision de Laurent est incontestablement justifiée mais difficile à digérer pour ceux qui avaient plaisir, comme moi, à dialoguer ici.
Il y a des évènements bien plus graves que la fermeture de ce forum. Mais j'aime bien ces moments de calme où l'évocation de vieux souvenirs et les échanges franchement cordiaux entre nous représentent des petits plaisirs qui font que la vie comporte plus de bons moments que de galères.
L'échéance approche. Gardons le cap et le sourire jusqu'au bout.

Merci encore pour ces encouragements. J'en ai besoin. Ce n'est pas de la mégalomanie mais juste la recherche de contacts, virtuels certes, mais chaleureux et profondément humains.
L'histoire de Jean-Marc pourrait interresser certains.
J'avais vendu à ce très sympathique garçon un joli FLH 1340 shovel de 1979 et il venait très souvent à mon bouclard pour discuter, boire un verre ou filer un coup de main. Il travaillait dans un garage spécialisé en électricité auto et était adroit de ses mains.
Il avait bien remarqué que je travaillais 14 H par jour, 6 jours sur 7 pour faire tout ce qui était nécessaire. Je ne suis pas un stakanoviste du bouleau mais, pour une fois que je trouvais une activité qui marchait à fond, j'avais décidé d'y consacrer quelques années. Jean-Marc me proposa plusieurs fois de venir travailler à plein temps pour moi, mais il avait un bon bouleau dans une boite solide. Je ne voulais pas qu'il le lache.
Et puis un jour, il m'annonce qu'il a démissionné et qu'il est disponible. C'est vrai que je ne m'en sors pas tout seul, que je ne vois pas grandir mes gosses et que je n'ai pas pris de vacances depuis plusieurs années. Je l'embauche donc et ne le regrette pas car il bosse bien et ne compte pas ses heures.
Un matin d'hiver, il arrive attéré : Il s'est fait faucher sa HD cette nuit, dans l'entrée de l'immeuble où il habite. Nous y retrouvons les débris, bien découpés, des grosses pates en acier qui bloquent la direction avec un cadenas qui est resté aussi sur place et qui est ultra balaise. La chaine antivol,elle aussi surdimentionnées est restée accrochée à l'escalier et deux gros rayons de la roue en aluminium gisent à coté, proprement sectionnés.
Jean Marc avait d'autant mieux protégé sa moto qu'il avait arrété l'assurance pour les quelques mois les plus froids et donc qu'il n'est pas couvert contre le vol. Dé-gou-té. Il porte plainte, mais sans illusion.
Quelques mois plus tard, je prends, enfin quelques jours de vacances en famille et laisse le bouclard aux bons soins de Jean Marc. Quand je rentre, il m'annonce qu'il s'est fait tirer une moto. Un type serait venu, aurait voulu entendre tourner une bécane. Jean Marc l'aurait donc sortie. Le téléphone aurait sonné, Jean marc serait allé répondre et le mec serait parti avec la HD...
Le problème, c'est que la moto est, comme par hazard un FLH 79, exactement la même que le mécano s'est fait tirer. Or, il a revendu sa carte grise à un de ses potes du sud, sans moto ... en théorie...Il nie farouchement. Bien sûr.
Quand nous assemblions mon shopper "The plague", le commissaire de police local venait régulièrement suivre l'avancée des travaux et nous avions sympathisés. Lorsque je porte plainte et lui fais part de mes doutes, il me propose de cuisiner Jean marc et de le faire avouer. J'ai des scrupules. La solution aurait été de trouver l'acheteur de la carte grise et de comparer la moto. Mais je crois que j'aime mieux ne pas savoir. Je vire, bien entendu, ce mec en qui je ne peux avoir aucune confiance, sans préavis ni indemnité. Il proteste à peine et nous en restons là. L'assurance paye la moto et les rares fois où j'ai croisé Jean Marc dans Lyon se sont bien passées. Mais cette histoire m'a laissé un petit goût amer dans la bouche."

THE END.

La suite il faut la demander a Mr. KaiserS. respe


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Re: Souvenirs d'un biker

Message par KaiserS le Mar 16 Déc 2008 - 19:38

Merci Did d'avoir conservé et édité ces petites histoires.
Je ne les avais pas sauvegardées.
Je suis sur que chacun ici aurait des moments amusants à raconter.
Qui pend la suite ? Wink

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Re: Souvenirs d'un biker

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